Notes de lecture par Christina Jürges, PhD Littérature comparée, Université de Montréal
Idée principale : la ville, l’urbain « tend à devenir synonyme de contemporain » dans la littérature contemporaine (7). La ville dans les textes littéraires peut être regardée comme un personnage autonome chargé de signes qu’il faut déchiffrer afin de synthétiser le sens du texte.
Villes-Textes
L’apprentissage de la ville. Le labyrinthe de l’oubli de Kasuo Ishiguro, Bertrand Gervais
- La ville comme labyrinthe, insaisissable, structurée « comme un inconscient » (24)
- La ville en crise, divisée en deux
- Habitants chargés de problèmes, leur passé alourdit leurs pas, M. Ryder est un cas particulier : il a perdu la mémoire
- La ville comme « surface de projection », liée à l’imaginaire (12)
- La ville comme « résultat de nos expériences » (12), une « construction imaginaire » (12), la « ville figure » (24)
- Lien ville-conscience
Haine de la vie, haine de soi. L’écriture irritée de Thomas Bernhard, Tanguy Wuillème
- La ville haïssable, qui enferme ses habitants dans le malaise
- La destruction des individus par la grande ville (38), la cruauté de l’urbanité
- La ville : « Destructrice des talents et pourvoyeuse de corruption » (27)
- « la catastrophe urbaine » (27)
Fragmentation de la ville et du personnage dans le roman francophone d’Afrique. Le cas de Tous les chemins mènent à l’Autre de Janis Otsiemi, Sylvère Mbondobari
- « symbiose de l’être et de l’espace urbain » (48)
- Association de la ville aux problématiques de l’individu (tourments de l’âme, désespoir, mort), lié à l’histoire de l’Afrique
- Permet aussi médiation sur « le sujet urbain » (55)
De la fragmentation au métissage urbain dans Fascination de Rachida Boudjedra, Anne Caron
- La ville comme « centre de convergence de discours sociaux politiques » (63)
- Les villes comme médiatrices d’une réalité architecturale, ethnique, culturelle, politique et historique
- Les personnages et leurs histoires comme indicateurs de la pluralité des villes
- Choix pertinent de villes par Boudjedra : Constantine, Tunis, Moscou, Pékin, Hanoi, Barcelone, Alger, Paris
- La ville comme « espace fragmentaire et labyrinthique » (74)
Descriptions et déambulations, La ville d’Istanbul dans Le livre noir d’Orhan Pamuk, Julien Bourbeau
- La ville comme « espace sémiotique » (77)
- Le parcours du protagoniste (à la recherche de sa femme disparue) permet de repenser/ redécouvrir les « facettes oubliées » d’Istanbul (78)
Écrire la ville-mère, François Ouellet
- La « ville-femme » (95), la ville a souvent une connotation féminine, elle constitue un terrain à conquérir par l’homme
- La ville liée à l’image de la mère (99)
- La ville comme « espace topographique » et comme « espace métaphorique […] qui mesure l’ordre du désir » (113)
Villes en image et son
La bande-son du roman urbain, Christina Horvath
- L’hybridité de la ville et de la vie moderne exprimée par l’intégration d’une diversité d’outils (l’utilisation de la musique dans le récit)
- Le son et les références extra-textuelles dans le récit : un « melting-pot intertextuel qui contribue à faire du roman urbain l’expression privilégiée d’une culture urbaine hybride, cosmopolite et métissé, à l’image de notre modernité » (132)
Représentations et fonctions symboliques de la ville dans les films noirs. Miroir, miroir aux alouettes et vitre sans tain, Pierre Floquet
- La ville dans les films noirs d’Hollywood comme miroir et vecteur des quêtes des personnages, de leurs caractères et de leurs espoirs
- La ville transmet également les visions et le point de vue du réalisateur