Du point de vue documenté de Jean Vigo à la fiction de mémoire de Jacques Rancière, petite histoire de la fiction documentée



À la suite du « Ciné-ma vérité » de Chris Marker proposé au regard du « Cinéma vérité » de Jean Rouch et Edgar Morin, la notion de fiction documentaire permet de réfléchir à la façon dont le cinéma documente le réel. Dans l’imaginaire collectif, la fiction et le documentaire sont radicalement opposés. Il est intéressant de voir en quoi ils sont complémentaires et souvent interdépendants. Cette notion permet de mettre en avant un point fondamental : montrer comment tout media change la perception du réel. On touche ici à la notion de vraisemblance, est-ce qu’on doit considérer comme document ce qui semble le plus proche de la réalité ? Dans la notion de fiction documentaire c’est moins le terme document que la démarche documentaire qui est évoquée. Fiction signifie étymologiquement forger, c’est-à-dire raconter une histoire qu’on justifie. La différence entre fiction et documentaire se joue donc plutôt sur l’exposition ou non de la démarche. La fiction raconte un fait, elle l’expose. Le documentaire raconte comment on expose ce fait. La fiction documentaire travaille à montrer une image en formation, en « fictionnalisation ». En partant de la proposition de Jean Vigo, mais aussi en se fondant sur celles de Jean Rouch avec l’anthropologie visuelle, de Chris Marker avec le ciné-ma vérité ou de Jacques Rancière pour qui « La mémoire est œuvre de fiction », Émilie Houssa travaillera à retracer une histoire et à montrer les enjeux actuels de la fiction documentaire. Émilie Houssa étudie au doctorat en études et pratiques des arts à l’UQAM sous la direction de Joanne Lalonde et Sylvie Fortin. 

 

Pour plus de détails : http://www.figura.uqam.ca/


 Bienvenue sur le site du Groupe de lecture "Penser la théorie"